
nouvelles et analyses humanitaires![]() Photo: UNICEF |
| Les jeunes d’Antananarivo, la capitale de Madagascar, ont été invités à dessiner les dernières violences politiques |
| « ...Idiots ! Vous nous avez mis dans une situation irréversible... » |
Les chercheurs ont exploré les effets de la crise sociopolitique sur la
vie des jeunes ; ses conséquences sur leur bien-être émotionnel,
psychologique, social et éducatif, et ont mis en exergue l’érosion
progressive des valeurs traditionnelles.
« [Les] résultats sont inquiétants parce qu’en plus d’une recrudescence
de la violence, les jeunes expriment une division de plus en plus
profonde au sein de la communauté et avec leurs pairs. Les expériences
passées ont montré que la violence engendrait la violence, et si nous
n’agissons pas tout de suite, il sera trop tard », a averti M. Maes.
Selon le rapport, « la difficulté des jeunes à distinguer ce qui est
"correct" de ce qui est "incorrect" fait partie des conséquences de la
crise à long terme ; ce qui est "vrai" et ce qui est "faux", en tant
que valeurs traditionnelles de base, a été radicalement modifié par les
récents événements ».
Un des jeunes Malgaches interrogés a suggéré que « le peuple malgache
était devenu agressif » et que « toute fraternité avait disparu, de
même que tout effort de développement. Le "Fihavanana" [système de
valeurs traditionnel] a disparu ». « La vie de la rue a toujours été
une vie de misère ; maintenant qu’on peut voler sans que personne ne
dise rien, c’est mieux », a noté un autre, plus cynique.
La perception que les jeunes ont de la crise renvoie ainsi à un
affaiblissement des systèmes de justice et de maintien de l’ordre,
porte ouverte à des dangers encore plus grands : l’instabilité du pays
est en effet propice à un accès facile aux stupéfiants, à la traite des
enfants, à la prostitution, à la maltraitance des enfants et à la
formation de bandes de jeunes criminels, selon le rapport.
Des jeunes investis, mais invisibles !
« Depuis quelques mois, les jeunes jouent un rôle clé dans la vie
politique et sociale malgache : ils ont pris part aux manifestations de
rue, aux violences, ont aidé à dresser les barrages routiers ; ils ont
été victimes des violences et des crimes, et se sont vus privés de leur
droit à l’éducation », ont fait remarquer les auteurs du rapport.
Pourtant, les jeunes sont, semble-t-il, les grands oubliés des
interventions humanitaires. « Ni enfants, ni adultes, ils sont dans une
situation de flou, et sont les premiers à subir les conséquences de la
violence et de l’agressivité », toujours d’après le rapport.
Les adolescents ont également exprimé des sentiments mitigés concernant
l’avenir : « Je pense que j’ai peur chaque jour, j’ai peur pour mon
avenir… c’est une peur profonde qui ne peut être vue d
e l’extérieur »,
a confié un des jeunes interrogés.
Le rapport propose que toutes les parties prenantes interviennent
d’urgence pour veiller à ce que les jeunes soient moins exposés aux
violences, en répondant immédiatement à leurs préoccupations, en leur
offrant des services personnalisés, adaptés à leur âge, en promouvant
des valeurs de paix et de réconciliation, et en les invitant à
participer davantage à un changement social positif.
« Des expériences négatives de ce type exposent les jeunes à des
risques à long terme et à la possibilité de devenir plus agressifs », a
noté M. Maes. « Il est possible d’inverser cette tendance ; toutefois,
ce
la exigera des mesures immédiates et audacieuses ».
tdm/he/nh/ail
Thèmes:
(IRIN) Enfants, (IRIN) Paix et sécurité, (IRIN) Economie, (IRIN) Education, (IRIN) Démocratie et gouvernance, (IRIN) Droits de l'homme, (IRIN) Urbanisation
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[Cet article ne reflète
pas nécessairement les vues des Nations Unies]